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Voix d'Afrique, voix du monde

Voix d\
Kilombo de Paris
Ils chantent en langues africaines. Ils nourrissent leurs messages des expériences de la vie quotidienne. Ils évoquent avec réalisme les peines de l'existence qui sont communes au genre humain.

Voix du courage et de l'espérance...

Voix du courage et de l\
pour fortifier ceux qui faiblissent et relever ceux qui s'effondrent...

Kilombo Kintwadi de Bordeaux

Kilombo de Kolo

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Titre : Mubakala mosi bu ka yusukiri ku Yeluselemi mu kweende ku Yeliko / Un homme allait de Jérusalem à Jéricho

Chant en langue beembe
Récepteur/réceptrice : inconnu
Année de réception : inconnue
Interprète : Kilombo Kanyi de Kolo


1. Mubakal’ mosi bu ka yusukir’ ku Yeluselemi mu kweend’ ku Yeliko
- Un homme allait de Jérusalem à Jéricho
Ha kakati dia nzila wa bwaanikin' na bataatu
- Au beau milieu du chemin, il rencontra des brigands
Ba mu lata, ba mu siis’ ku nsa lufwa
- Ils le frappèrent et le laissèrent pour mort

Mvutu / Refrain :
Mmm ye kisalu kia kwe fuula
- Toi qui ne fais que demander,
Bu wur’ mu bumwoyo, mbaasi ye ngo na ?
- Tandis que tu es vivant, qui est ton prochain ?
Mmm ye kisalu kia kwe labuka
- Toi qui ne fais que passer outre,
Bu wur’ mu bumwoyo, mbaasi ye ngo na ?
- Tandis que tu es vivant, qui est ton prochain ?
Mmm ye kisalu kia kwe fuula
- Toi qui ne fais que demander,
Bu wur’ mu bumwoyo, mbaasi ye ngo na ?
- Tandis que tu es vivant, qui est ton prochain ?
Mmm ye kisalu kia kwe labuka
- Toi qui ne fais que passer outre,
Bu wur’ mu bumwoyo, mbaasi ye ngo na ?
- Tandis que tu es vivant, qui est ton prochain ?

2. Mupeel’ mosi wur’ mu kaand’ dia ba Yudayo
- Un religieux appartenant à la famille des juifs [1]
Bu ka yis’ ku tubuka ha kibeend’ kikio
- Etant arrivé à cet endroit
Wa yook’ mu teteke, ndeenaa wur’ mu kweende
- Il passa juste à côté, le voilà qui s’en va !

3. Mutar’ dibundu mosi, nde wa ba mukuutu, munyokolo ya bikabu
- Un épiscope [2], qui était chef, préposé aux sacrifices/offrandes [3]
Bu ka yis’ ku tubuka ha kibeend’ kikio
- Etant arrivé à cet endroit
Wa talil’ ku mambisa, wa talil’ ku mankula, wa keeng’ mu teteke
- Regarda derrière et devant, s’écarta pour l’éviter
Wa baandik’ mu ku dzumuna, ndeenaa wur’ mu kweende
- Il se mit à courir, le voilà qui s’en va !

4. Mwiis' Samaliya bu ka ba kwe yungana
- Un Samaritain qui était en voyage
Bu ka yis’ ku tubuka ha kibeend’ kikio
- Etant arrivé à cet endroit
Wa mu mwiin’ ngebe, wa mu kaang’ na ma mputa
- Eut pitié de lui, banda ses plaies
Wa mu nanguna, wa mu suusa ha yulu mpundi, boonaa bar’ mu kweende.
- Il le souleva et le mit sur un âne, les voilà qui s’en vont !

[1] Un lévite.
[2] Un surveillant, responsable de la communauté chrétienne au cours des premiers siècles de la chrétienté.
[3] Un sacrificateur.

Commentaire :
La parabole du bon Samaritain, chantée en langue beembe et jouée par un des kilombos du Consistoire de Kolo (Eglise Evangélique du Congo), donne à réfléchir sur l’état de la communion fraternelle entre les membres de l’Eglise, mais aussi sur les relations entre les chrétiens et les personnes extérieures à la communauté chrétienne. En effet, lorsqu’un être humain, quel qu’il soit, est en difficulté, il convient de l’aider au lieu de passer son chemin comme le font le lévite et le prêtre, c’est-à-dire deux croyants qui ne sont pas des moindres.
En reprenant le texte biblique, le chant esquisse un rappel marquant de la charité chrétienne qui ne doit pas se décliner en vaines paroles ou en attitude de fuite face à la souffrance des autres.


La trame narrative de la parabole biblique est bien respectée, il suffit de relire l’Evangile de Luc pour s’en convaincre (Luc 10, 30-37). Toutefois, le troisième couplet surenchérit sur l’attitude du sacrificateur (l’épiscope, le surveillant, mutari dibundu). Dans le texte biblique, il est simplement dit que ce dernier passe outre, expression de l’indifférence la plus totale face au malheur de son prochain. Le chant vient y ajouter une posture de fuite scandaleuse à l’égard d’un homme mourant. L’épiscope est pourtant chargé de veiller sur la communauté des croyants comme un berger veille sur un troupeau ; il devrait donc avoir de la compassion pour les autres... Au lieu de cela, il s’éloigne en courant et abandonne le pauvre homme à moitié mort sur le bord de la route.
Comment interpréter ce délit de fuite qui ne figure pas dans l’Evangile de Luc ? Cette exagération a un objectif pédagogique : faire entendre à l’auditoire combien il est honteux et inacceptable d’abandonner quelqu’un à son triste sort, a fortiori lorsque c’est le prêtre, l’homme de Dieu, qui se rend coupable de non assistance à personne en danger…


Mais attention : la critique adressée au prêtre du temps de Jésus rejoint la communauté actuelle de l’Eglise Evangélique du Congo par le biais d’une expression : mutari dibundu, l’épiscope/le surveillant d’église (nkengi en kikongo). Le mot désigne le diacre qui, au sein de l’Eglise Evangélique du Congo, est le seul habilité à seconder le pasteur et l’évangéliste, notamment dans la distribution de la sainte Cène et la collecte des offrandes lors des cultes. D’une certaine manière, le diacre partage le pouvoir des chefs religieux, puisqu’il est à la fois surveillant et responsable des offrandes (munyokolo ya bikabu). Voici ce personnage important de l’Eglise interpellé par une version moqueuse de la parabole du bon Samaritain dans laquelle le surveillant d’église (c’est-à-dire lui !) brille par un manque d’attention qui est loin d’être évangélique !
Cette critique à peine masquée des diacres s’inscrit bien dans le contexte culturel beembe où l’éducation se faisait parfois au moyen de chants railleurs.


Cpendant, ce chant pétillant d'enseignement a une particularité, notamment l'absence de référence à Jésus et à l'Evangile, qui entraîne deux conséquences significatives :

1°) Pour ceux qui n'ont aucune connaissance biblique, cela ne permet pas de savoir que c'est le Christ qui raconte cette parabole en présence des disciples et d'un docteur de la loi qui tentait de le prendre en défaut concernant l'amour du prochain (Luc 10, 25-29).

2°) Les chanteurs se substituent à Jésus, ils revêtent la fonction du didascale [4], racontent l'histoire et en tirent l'enseignement que tous doivent entendre.

C'est ainsi que les cantiques Kilombo deviennent le canal par lequel Dieu transmet son message aux hommes.

[4] Théologien qui enseigne des catéchumènes.

Ruth-Annie Mampembé-Coyault

Kilombo Centre de Bacongo

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Kilombo Centre de Mansimou 1

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Kilombo "Les Selafa"

Titre : Muna mbandukulu/ au commencement
Chant en langue dondo
Récepteur/réceptrice : inconnu
Année de réception : inconnue

Tata, bwe vo tuna sila ?
Père, comment allons-nous faire ?
Tata, bwe vo tuna sila kweto ?
Père, comment allons-nous faire pour nous (dans notre intérêt) ?


Refrain :
Tata, bwe vo tuna sila ?
Père, comment allons-nous faire ?
Ba nkwa kimuntu ba nyekini, nsikumusu yi dingamane
Ceux qui marchent selon les voies humaines se sont multipliés, le Réveil s’est tu / s’est arrêté
Tata, bwe vo tuna sila ?
Père, comment allons-nous faire ?
Ba nkwa kinsuni ba nyekini, nsikumusu yi dingamane
Ceux qui marchent selon la chair se sont multipliés, le Réveil s’est arrêté
Tata, bwe vo tuna sila ?
Père, comment allons-nous faire ?

Muna mbandukulu a Bundu dia Nsangu a mbote mu Kongo
Au commencement de l’Eglise Evangélique du Congo,
Bakulu beto badi sambilanga Nzambi Mpungu
Nos vieux (nos aînés) priaient le Dieu-Très-Haut,
Bu ba sambila Nzambi a mpungu, kansi kintwadi na miteki
Tandis qu’ils priaient le Dieu-Très-haut, ils étaient aussi en communion avec les idoles (statuettes)
Bu ba sambila Nzambi a mpungu, kansi kintwadi na mikisi
Tout en priant le Dieu-Très-haut, ils étaient aussi en communion avec les fétiches (la sorcellerie)
Ba kimisa mimvumbi, ba sambila mu zindiamu
Ils faisaient courir les morts[1] et priaient dans les cimetières
Nsikumusu ya yiza wangula kitombe kio
Le Réveil est venu dissiper cette obscurité.
Tata, bwe vo tuna sila kweto ?
Père, comment allons-nous faire ?

Nsikumusu ya toma sala mu kati dia bundu dia Kongo
Le Réveil a bien travaillé au sein de l’Eglise du Congo,
Bimbevo bia ntete bia nsisi bia ka mana niakisa
Il a totalement guéri les terribles maladies d’autrefois,
mvundu ye ngoongo ( ?) [2] ye bwasi bwabu ka biena ko
La fièvre faveuse … et la lèpre ont disparu.
Nsikumusu ya yiza wangula bimbevo bio
Le réveil est venu purifier de ces maladies.
Tata, bwe vo tuna sila kweto ?
Père, comment allons-nous faire pour ?

Nsikumusu ya toma sala mu kati dia bundu dia Kongo
Le Réveil a bien travaillé au sein de l’Eglise du Congo,
Mpeve ya longo ya tu vana kizinga kia Siloa kia mpa
L’Esprit Saint nous a donné un étang de Siloé nouveau [3]
Ba nkwa kimuntu ba nyekini, kizinga kio ki kangamane.
Ceux qui marchent selon les voies humaines se sont multipliés, cet étang a été fermé.


[1] Ils faisaient courir les morts : pratique encore en cours de nos jours. Possédant les porteurs qui le conduisent vers sa dernière demeure, le défunt les fait courir avec son cercueil en diverses directions, tentant de désigner publiquement ceux qui l’ont fait passer de vie à trépas…
[2] Ngoongo : une autre forme de maladie de la peau (?), semble-t-il. Le mot est semblable à celui qui désigne le mille-pattes (ngoongolo) dont la morsure peut provoquer des affections cutanées parfois très graves (vésicules et nécroses).
[3] Un étang de Siloé nouveau : en référence à la piscine de Siloé, dans l’Evangile de Jean, lieu de purification et de guérison de l’aveugle de naissance : "Ayant dit cela, Jésus cracha à terre et fit de la boue avec sa salive; et il mit cette boue sur les yeux de l'aveugle et lui dit: 'va te laver à la piscine de Siloé'. Celui-ci s'en alla donc et se lava, et il vint voyant clair." (Jean 9, 6-7).

Commentaire :
Interprété par le kilombo "Les Selafa" à l'occasion du 60ème anniversaire du Réveil spirituel de l'Eglise Evangélique du Congo-Brazzaville (EEC), ce chant met en lumière les difficultés survenues au sein du mouvement de réveil qu'a connu l'EEC en 1947. Son leader le pasteur Daniel Ndoundou, grand prophète et thérapeute, fut à l'origine de l'ouverture à Mfouati d'un kizinga (étang, piscine) baptisé Siloé en référence aux Saintes Ecritures (Jean 9, 6). Ceux qui avaient la foi y étaient plongés et recouvraient la guérison.
L'étang de Siloé, haut lieu du protestantisme congolais, fut fermé par les autorités de l'Eglise suite à des dérives et des pratiques syncrétiques qui affaiblirent le mouvement prophétique.
Le chant se donne à entendre comme une critique des attitudes qui ont conduit à l'arrêt des activités de Siloé-Mfouati, un lieu alors inédit de ressourcement et d'espérance pour les fidèles de l'EEC : il était la preuve concrète que Dieu avait visité le Congo.
La fermeture de Siloé a été vécu comme un véritable choc, sans toutefois mettre fin à l'effervescence prophétique et thérapeutique du Réveil congolais qui a essaimé plus tard sous la forme d'une multitude de groupes de prière et de lieux d'accompagnement spirituels portant eux aussi le nom de kizinga.
Enfin, le chant fait monter la complainte des croyants qui restent malgré tout désemparés par la fin d'une époque, celle où Daniel Ndoundou et ses collaborateurs (André Mpandzou, Marie Yengo, Massikou Sipora, etc.) ont accompli des choses merveilleuses, par la main de Dieu.

Kilombo de Loutété [1]

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Animation d'une retraite spirituelle par le kilombo.

Kilombo de Paris [1]

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Milongi mi Kongo lu kubama / Pasteurs du Congo, préparez-vous !

Chant en langue kuni
Récepteur/réceptrice : inconnue
Année de réception : inconnue

1/ Milongi mi Kongo lu kubama (3x)
-Pasteurs [1] du Congo, préparez-vous !
A yuwa mbembu yi Nzambi yidi mu tele mbila
-Ecoutez la voix de Dieu qui vous appelle

Mvutu / Refrain :
Tuendieno, oh tuendieno (3x)
-Allons-y, allons-y ! (3x)
A yuwa mbembu yi Nzambi yidi mu tele mbila
-Ecoutez la voix de Dieu qui vous appelle

2/ Minkengi mi Kongo lu kubama (3x)
-Diacres [2] du Kongo, préparez-vous ! (3x)
A yuwa mbembu yi Nzambi yidi mu tele mbila
-Ecoutez la voix de Dieu qui vous appelle

3/ Dibundu di Kongo lu kubama (3x)
-Eglise du Congo, prépare-toi ! (3x)
A yuwa mbembu yi Nzambi yidi mu tele mbila
-Ecoutez la voix de Dieu qui vous appelle

4/ Na ku bonga ku mongo na ku bundisa

-Je prendrai au Nord [3] et je rassemblerai
Na ku bonga ku banda na ku bundisa
-Je prendrai au sud(4] et je rassemblerai
Na ku bonga kuna kuna bundisa
-Je prendrai à l’est et à l’ouest [5], et je rassemblerai
A yuwa mbembu yi Nzambi yidi mu tele mbila
-Ecoutez la voix de Dieu qui vous appelle

[1] Pasteurs, littéralement : ceux qui enseignent. L’expression est employée dans l’Eglise pour désigner ceux qui ont la charge de l’enseignement biblique (les pasteurs, les évangélistes, les catéchètes).
[2] Diacres, littéralement : ceux qui montent la garde, surveillent, inspectent, prennent soin. Au sein de l’Eglise Evangélique du Congo, le mot désigne une catégorie de responsables qui secondent les pasteurs et les évangélistes dans leur travail d’accompagnement de la communauté chrétienne.
[3] Je prendrai au Nord, littéralement : Je prendrai sur la montagne.
[4] Je prendrai au sud, littéralement : Je prendrai en bas/dans la plaine.
[5] Je prendrai à l’est et à l’ouest, littéralement : Je prendrai là-bas et là-bas/de part et d’autre.

Commentaire :
Interprété par le Kilombo de Paris dans le cadre d’une retraite spirituelle de la Communauté Evangélique Congolaise en France (CECF), ce chant a été transmis à la diaspora de l’Eglise Evangélique du Congo-Brazzaville par une jeune dirigeante de chants kilombo qui concilie avec une aisance déconcertante sa spiritualité extrêmement charismatique et sa formation d’universitaire.
Le chant invite l’Eglise à écouter Dieu. L’exhortation n’est pas lancée par Dieu, puisque dans le refrain, la personne qui lance l’invitation s’inclut elle-même dans le groupe de ceux qui vont vers Dieu (Tuendieno, Allons-y). Les différentes catégories de fidèles, à commencer par les responsables (pasteurs, diacres, etc.) doivent se préparer, se disposer intérieurement à entendre ce que Dieu veut leur dire. A cause de l’injonction « lu kubama » (préparez-vous !), l’écoute de la voix de Dieu apparaît comme un événement qui mobilise toute l’attention/tout le discernement des croyants. Ce chant a sans doute pour fonction d’enclencher une dynamique particulière de recueillement, notamment dans les rassemblements tant appréciés par les chrétiens de l’Eglise Evangélique du Congo, car il suggère à ces derniers l’idée que les discours des pasteurs, prophètes et autres responsables ecclésiaux contiennent une parole de Dieu qui leur est destinée. Le risque d’une telle suggestion serait d’avoir tendance à répondre aveuglément « amen » à toute parole pastorale, d’où l’importance de faire preuve de discernement, en sachant parfois résister à une éducation de soumission qui n’incite pas à questionner ce qui est discutable…
Au quatrième couplet, surgit un autre interpellant : cette fois-ci, c’est Dieu qui parle à la première personne pour faire une promesse de rassemblement que l’on pourrait comprendre de deux manières :
1/ La promesse ne concerne que le Congo, car les trois premiers couplets interpellent les chrétiens Congolais (Milongi, Mikengui, Dibundu di Kongo, les pasteurs, les diacres, l’Eglise du Congo). Dieu annonce qu’il va rassembler les habitants des quatre coins du Congo : dans un pays où le tribalisme, les préjugés et les conflits ethniques ont considérablement entamé le tissu social, la promesse trouve toute sa résonance.
2/ La promesse concerne aussi tous les peuples, car l’évocation des quatre points cardinaux renvoie au monde et non plus au seul Congo. Dieu promet qu’il rassemblera ceux qui habitent dans les montagnes (ku mongo) et dans les plaines (ku banda), ceux qui demeurent ici et là-bas (kuna kuna), donc en tout lieu.Dans les deux hypothèses, Dieu appelle donc les Congolais à s’ouvrir aux autres, qu’ils soient d’une autre ethnie ou étrangers.
Le Créateur lui-même travaille au rapprochement des hommes, et il demande à ses fidèles de prêter l’oreille à ce qu’il annonce.

Kilombo de Paris [2]

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Kilombo de Paris [3]

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Kilombo de Loutété [2]

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Chant en langue beembé
Récepteur/réceptrice : inconnu
Année de réception : inconnue

Hemesê lu tilisina benu mê baatu
Aimez-vous les uns les autres,
Tumi lu tia na me Nzambi wu lwa hele ku mono
ainsi pourrez vous m'aimer, moi le Dieu que vous ne voyez pas.

Refrain :
Mu kiyengi, mu ntilu
Dans la paix et dans l'amour
Bio bia sweeke miominso
tout est caché.

Louez le Seigneur ! Louez-le avec le tambourin et avec des danses ! Louez-le avec les cymbales sonores ! (Psaume 150 : 1, 4-5)

samedi 7 avril 2007

Yula me ma tsolili lo / J'ai trouvé le ciel

Chant en langue yaka
Récepteur / réceptrice : inconnu
Date : inconnue

1- Yula me ma tsolili lo
Mu imini i tsolili lo
J'ai trouvé le ciel
Par la foi je l'ai trouvé

Mvutu / Refrain :
Yula, yula : yula !
Le ciel, le ciel, le ciel !
Yula e e yula
Le ciel, oh, le ciel
Yula me ma tsolili lo
J'ai trouvé le ciel
Mu imini i tsolili lo
Par la foi je l'ai trouvé

2- Ngha tsii ngha me ndi wa me
Tandis que je suis ici bas,
Matsimi ma me ku yula mali
Mes pensées sont tournées vers le ciel

3- Ngebe na pasi so dili
Qu'il y ait de la tristesse et de la souffrance,
Matsimi ma me ku yula mali
Mes pensées sont tournées vers le ciel

4- Mu butsana ni kundu wa me
Dans la solitude, je prie [pour moi]
Mu buwele ni yimbi wa me
Dans la pauvreté je chante [pour moi]

Commentaire :

Voici un chant dont le contenu semble résolument tourné vers l'au-delà ! Contrairement à d'autres chants qui font parler Dieu à la première personne, celui-ci donne la parole au croyant qui témoigne d'une merveilleuse découverte : il a trouvé le ciel.
Le ciel devient, dans ce chant, le sujet central de la vie du croyant qui traverse les peines de l'existence en ayant ses pensées tournées vers l'au-delà. Est-ce une façon d'échapper au quotidien en se réfugiant dans cet autre monde que laisse entrevoir le discours de la foi chrétienne ? Ce n'est pas sûr. La seconde strophe montre le réalisme dont est empreint le chant, car elle fait dire au croyant : "Je suis ici-bas". Loin d'être un "illuminé" au sens péjoratif où l'emploient certains, le récepteur du chant est donc tout à fait conscient de sa condition d'homme ; il ne cherche pas à y échapper, mais à la vivre avec optimisme, au lieu de se focaliser sur ses difficultés.
D'où l'affirmation surprenante de la quatrième strophe : "Dans la solitude, je prie ; dans la pauvreté, je chante". Le courage de chanter dans le malheur vient du fait que le croyant a un lieu d'espérance - le ciel - qui permet de relativiser la pénibilité de la condition humaine et de l'aborder avec sérénité, dans le chant et la prière.
Ruth-Annie Coyault