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Milongi mi Kongo lu kubama / Pasteurs du Congo, préparez-vous !Chant en langue kuni
Récepteur/réceptrice : inconnue
Année de réception : inconnue
1/ Milongi mi Kongo lu kubama (3x)-Pasteurs [1] du Congo, préparez-vous ! A yuwa mbembu yi Nzambi yidi mu tele mbila -Ecoutez la voix de Dieu qui vous appelle
Mvutu / Refrain :
Tuendieno, oh tuendieno (3x)
-Allons-y, allons-y ! (3x)
A yuwa mbembu yi Nzambi yidi mu tele mbila
-Ecoutez la voix de Dieu qui vous appelle
2/ Minkengi mi Kongo lu kubama (3x)
-Diacres [2] du Kongo, préparez-vous ! (3x)
A yuwa mbembu yi Nzambi yidi mu tele mbila
-Ecoutez la voix de Dieu qui vous appelle
3/ Dibundu di Kongo lu kubama (3x)
-Eglise du Congo, prépare-toi ! (3x)
A yuwa mbembu yi Nzambi yidi mu tele mbila
-Ecoutez la voix de Dieu qui vous appelle
4/ Na ku bonga ku mongo na ku bundisa -Je prendrai au Nord [3] et je rassemblerai Na ku bonga ku banda na ku bundisa -Je prendrai au sud(4] et je rassemblerai Na ku bonga kuna kuna bundisa -Je prendrai à l’est et à l’ouest [5], et je rassemblerai A yuwa mbembu yi Nzambi yidi mu tele mbila -Ecoutez la voix de Dieu qui vous appelle[1] Pasteurs, littéralement : ceux qui enseignent. L’expression est employée dans l’Eglise pour désigner ceux qui ont la charge de l’enseignement biblique (les pasteurs, les évangélistes, les catéchètes).
[2] Diacres, littéralement : ceux qui montent la garde, surveillent, inspectent, prennent soin. Au sein de l’Eglise Evangélique du Congo, le mot désigne une catégorie de responsables qui secondent les pasteurs et les évangélistes dans leur travail d’accompagnement de la communauté chrétienne.
[3] Je prendrai au Nord, littéralement : Je prendrai sur la montagne.
[4] Je prendrai au sud, littéralement : Je prendrai en bas/dans la plaine.
[5] Je prendrai à l’est et à l’ouest, littéralement : Je prendrai là-bas et là-bas/de part et d’autre.
Commentaire :Interprété par le Kilombo de Paris dans le cadre d’une retraite spirituelle de
la Communauté Evangélique Congolaise en France (CECF), ce chant a été transmis à la diaspora de l’Eglise Evangélique du Congo-Brazzaville par une jeune dirigeante de chants kilombo qui concilie avec une aisance déconcertante sa spiritualité extrêmement charismatique et sa formation d’universitaire.
Le chant invite l’Eglise à écouter Dieu. L’exhortation n’est pas lancée par Dieu, puisque dans le refrain, la personne qui lance l’invitation s’inclut elle-même dans le groupe de ceux qui vont vers Dieu (Tuendieno, Allons-y). Les différentes catégories de fidèles, à commencer par les responsables (pasteurs, diacres, etc.) doivent se préparer, se disposer intérieurement à entendre ce que Dieu veut leur dire. A cause de l’injonction « lu kubama » (préparez-vous !), l’écoute de la voix de Dieu apparaît comme un événement qui mobilise toute l’attention/tout le discernement des croyants. Ce chant a sans doute pour fonction d’enclencher une dynamique particulière de recueillement, notamment dans les rassemblements tant appréciés par les chrétiens de l’Eglise Evangélique du Congo, car il suggère à ces derniers l’idée que les discours des pasteurs, prophètes et autres responsables ecclésiaux contiennent une parole de Dieu qui leur est destinée. Le risque d’une telle suggestion serait d’avoir tendance à répondre aveuglément « amen » à toute parole pastorale, d’où l’importance de faire preuve de discernement, en sachant parfois résister à une éducation de soumission qui n’incite pas à questionner ce qui est discutable…
Au quatrième couplet, surgit un autre interpellant : cette fois-ci, c’est Dieu qui parle à la première personne pour faire une promesse de rassemblement que l’on pourrait comprendre de deux manières :
1/ La promesse ne concerne que le Congo, car les trois premiers couplets interpellent les chrétiens Congolais (
Milongi, Mikengui, Dibundu di Kongo, les pasteurs, les diacres, l’Eglise du Congo). Dieu annonce qu’il va rassembler les habitants des quatre coins du Congo : dans un pays où le tribalisme, les préjugés et les conflits ethniques ont considérablement entamé le tissu social, la promesse trouve toute sa résonance.
2/ La promesse concerne aussi tous les peuples, car l’évocation des quatre points cardinaux renvoie au monde et non plus au seul Congo. Dieu promet qu’il rassemblera ceux qui habitent dans les montagnes (
ku mongo) et dans les plaines (
ku banda), ceux qui demeurent ici et là-bas (
kuna kuna), donc en tout lieu.Dans les deux hypothèses, Dieu appelle donc les Congolais à s’ouvrir aux autres, qu’ils soient d’une autre ethnie ou étrangers.
Le Créateur lui-même travaille au rapprochement des hommes, et il demande à ses fidèles de prêter l’oreille à ce qu’il annonce.