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Voix d'Afrique, voix du monde

Voix d'Afrique, voix du monde
Kilombo de Paris
Ils chantent en langues africaines. Ils nourrissent leurs messages des expériences de la vie quotidienne. Ils évoquent avec réalisme les peines de l'existence qui sont communes au genre humain.

Voix du courage et de l'espérance...

Voix du courage et de l'espérance...
pour fortifier ceux qui faiblissent et relever ceux qui s'effondrent...

Kilombo Kintwadi de Bordeaux

Kilombo de Kolo

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Titre : Mubakala mosi bu ka yusukiri ku Yeluselemi mu kweende ku Yeliko / Un homme allait de Jérusalem à Jéricho

Chant en langue beembe
Récepteur/réceptrice : inconnu
Année de réception : inconnue
Interprète : Kilombo Kanyi de Kolo


1. Mubakal’ mosi bu ka yusukir’ ku Yeluselemi mu kweend’ ku Yeliko
- Un homme allait de Jérusalem à Jéricho
Ha kakati dia nzila wa bwaanikin' na bataatu
- Au beau milieu du chemin, il rencontra des brigands
Ba mu lata, ba mu siis’ ku nsa lufwa
- Ils le frappèrent et le laissèrent pour mort

Mvutu / Refrain :
Mmm ye kisalu kia kwe fuula
- Toi qui ne fais que demander,
Bu wur’ mu bumwoyo, mbaasi ye ngo na ?
- Tandis que tu es vivant, qui est ton prochain ?
Mmm ye kisalu kia kwe labuka
- Toi qui ne fais que passer outre,
Bu wur’ mu bumwoyo, mbaasi ye ngo na ?
- Tandis que tu es vivant, qui est ton prochain ?
Mmm ye kisalu kia kwe fuula
- Toi qui ne fais que demander,
Bu wur’ mu bumwoyo, mbaasi ye ngo na ?
- Tandis que tu es vivant, qui est ton prochain ?
Mmm ye kisalu kia kwe labuka
- Toi qui ne fais que passer outre,
Bu wur’ mu bumwoyo, mbaasi ye ngo na ?
- Tandis que tu es vivant, qui est ton prochain ?

2. Mupeel’ mosi wur’ mu kaand’ dia ba Yudayo
- Un religieux appartenant à la famille des juifs [1]
Bu ka yis’ ku tubuka ha kibeend’ kikio
- Etant arrivé à cet endroit
Wa yook’ mu teteke, ndeenaa wur’ mu kweende
- Il passa juste à côté, le voilà qui s’en va !

3. Mutar’ dibundu mosi, nde wa ba mukuutu, munyokolo ya bikabu
- Un épiscope [2], qui était chef, préposé aux sacrifices/offrandes [3]
Bu ka yis’ ku tubuka ha kibeend’ kikio
- Etant arrivé à cet endroit
Wa talil’ ku mambisa, wa talil’ ku mankula, wa keeng’ mu teteke
- Regarda derrière et devant, s’écarta pour l’éviter
Wa baandik’ mu ku dzumuna, ndeenaa wur’ mu kweende
- Il se mit à courir, le voilà qui s’en va !

4. Mwiis' Samaliya bu ka ba kwe yungana
- Un Samaritain qui était en voyage
Bu ka yis’ ku tubuka ha kibeend’ kikio
- Etant arrivé à cet endroit
Wa mu mwiin’ ngebe, wa mu kaang’ na ma mputa
- Eut pitié de lui, banda ses plaies
Wa mu nanguna, wa mu suusa ha yulu mpundi, boonaa bar’ mu kweende.
- Il le souleva et le mit sur un âne, les voilà qui s’en vont !

[1] Un lévite.
[2] Un surveillant, responsable de la communauté chrétienne au cours des premiers siècles de la chrétienté.
[3] Un sacrificateur.

Commentaire :
La parabole du bon Samaritain, chantée en langue beembe et jouée par un des kilombos du Consistoire de Kolo (Eglise Evangélique du Congo), donne à réfléchir sur l’état de la communion fraternelle entre les membres de l’Eglise, mais aussi sur les relations entre les chrétiens et les personnes extérieures à la communauté chrétienne. En effet, lorsqu’un être humain, quel qu’il soit, est en difficulté, il convient de l’aider au lieu de passer son chemin comme le font le lévite et le prêtre, c’est-à-dire deux croyants qui ne sont pas des moindres.
En reprenant le texte biblique, le chant esquisse un rappel marquant de la charité chrétienne qui ne doit pas se décliner en vaines paroles ou en attitude de fuite face à la souffrance des autres.


La trame narrative de la parabole biblique est bien respectée, il suffit de relire l’Evangile de Luc pour s’en convaincre (Luc 10, 30-37). Toutefois, le troisième couplet surenchérit sur l’attitude du sacrificateur (l’épiscope, le surveillant, mutari dibundu). Dans le texte biblique, il est simplement dit que ce dernier passe outre, expression de l’indifférence la plus totale face au malheur de son prochain. Le chant vient y ajouter une posture de fuite scandaleuse à l’égard d’un homme mourant. L’épiscope est pourtant chargé de veiller sur la communauté des croyants comme un berger veille sur un troupeau ; il devrait donc avoir de la compassion pour les autres... Au lieu de cela, il s’éloigne en courant et abandonne le pauvre homme à moitié mort sur le bord de la route.
Comment interpréter ce délit de fuite qui ne figure pas dans l’Evangile de Luc ? Cette exagération a un objectif pédagogique : faire entendre à l’auditoire combien il est honteux et inacceptable d’abandonner quelqu’un à son triste sort, a fortiori lorsque c’est le prêtre, l’homme de Dieu, qui se rend coupable de non assistance à personne en danger…


Mais attention : la critique adressée au prêtre du temps de Jésus rejoint la communauté actuelle de l’Eglise Evangélique du Congo par le biais d’une expression : mutari dibundu, l’épiscope/le surveillant d’église (nkengi en kikongo). Le mot désigne le diacre qui, au sein de l’Eglise Evangélique du Congo, est le seul habilité à seconder le pasteur et l’évangéliste, notamment dans la distribution de la sainte Cène et la collecte des offrandes lors des cultes. D’une certaine manière, le diacre partage le pouvoir des chefs religieux, puisqu’il est à la fois surveillant et responsable des offrandes (munyokolo ya bikabu). Voici ce personnage important de l’Eglise interpellé par une version moqueuse de la parabole du bon Samaritain dans laquelle le surveillant d’église (c’est-à-dire lui !) brille par un manque d’attention qui est loin d’être évangélique !
Cette critique à peine masquée des diacres s’inscrit bien dans le contexte culturel beembe où l’éducation se faisait parfois au moyen de chants railleurs.


Cpendant, ce chant pétillant d'enseignement a une particularité, notamment l'absence de référence à Jésus et à l'Evangile, qui entraîne deux conséquences significatives :

1°) Pour ceux qui n'ont aucune connaissance biblique, cela ne permet pas de savoir que c'est le Christ qui raconte cette parabole en présence des disciples et d'un docteur de la loi qui tentait de le prendre en défaut concernant l'amour du prochain (Luc 10, 25-29).

2°) Les chanteurs se substituent à Jésus, ils revêtent la fonction du didascale [4], racontent l'histoire et en tirent l'enseignement que tous doivent entendre.

C'est ainsi que les cantiques Kilombo deviennent le canal par lequel Dieu transmet son message aux hommes.

[4] Théologien qui enseigne des catéchumènes.

Ruth-Annie Mampembé-Coyault

Kilombo Centre de Bacongo

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Kilombo Centre de Mansimou 1

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Kilombo "Les Selafa"

Titre : Muna mbandukulu/ au commencement
Chant en langue dondo
Récepteur/réceptrice : inconnu
Année de réception : inconnue

Tata, bwe vo tuna sila ?
Père, comment allons-nous faire ?
Tata, bwe vo tuna sila kweto ?
Père, comment allons-nous faire pour nous (dans notre intérêt) ?


Refrain :
Tata, bwe vo tuna sila ?
Père, comment allons-nous faire ?
Ba nkwa kimuntu ba nyekini, nsikumusu yi dingamane
Ceux qui marchent selon les voies humaines se sont multipliés, le Réveil s’est tu / s’est arrêté
Tata, bwe vo tuna sila ?
Père, comment allons-nous faire ?
Ba nkwa kinsuni ba nyekini, nsikumusu yi dingamane
Ceux qui marchent selon la chair se sont multipliés, le Réveil s’est arrêté
Tata, bwe vo tuna sila ?
Père, comment allons-nous faire ?

Muna mbandukulu a Bundu dia Nsangu a mbote mu Kongo
Au commencement de l’Eglise Evangélique du Congo,
Bakulu beto badi sambilanga Nzambi Mpungu
Nos vieux (nos aînés) priaient le Dieu-Très-Haut,
Bu ba sambila Nzambi a mpungu, kansi kintwadi na miteki
Tandis qu’ils priaient le Dieu-Très-haut, ils étaient aussi en communion avec les idoles (statuettes)
Bu ba sambila Nzambi a mpungu, kansi kintwadi na mikisi
Tout en priant le Dieu-Très-haut, ils étaient aussi en communion avec les fétiches (la sorcellerie)
Ba kimisa mimvumbi, ba sambila mu zindiamu
Ils faisaient courir les morts[1] et priaient dans les cimetières
Nsikumusu ya yiza wangula kitombe kio
Le Réveil est venu dissiper cette obscurité.
Tata, bwe vo tuna sila kweto ?
Père, comment allons-nous faire ?

Nsikumusu ya toma sala mu kati dia bundu dia Kongo
Le Réveil a bien travaillé au sein de l’Eglise du Congo,
Bimbevo bia ntete bia nsisi bia ka mana niakisa
Il a totalement guéri les terribles maladies d’autrefois,
mvundu ye ngoongo ( ?) [2] ye bwasi bwabu ka biena ko
La fièvre faveuse … et la lèpre ont disparu.
Nsikumusu ya yiza wangula bimbevo bio
Le réveil est venu purifier de ces maladies.
Tata, bwe vo tuna sila kweto ?
Père, comment allons-nous faire pour ?

Nsikumusu ya toma sala mu kati dia bundu dia Kongo
Le Réveil a bien travaillé au sein de l’Eglise du Congo,
Mpeve ya longo ya tu vana kizinga kia Siloa kia mpa
L’Esprit Saint nous a donné un étang de Siloé nouveau [3]
Ba nkwa kimuntu ba nyekini, kizinga kio ki kangamane.
Ceux qui marchent selon les voies humaines se sont multipliés, cet étang a été fermé.


[1] Ils faisaient courir les morts : pratique encore en cours de nos jours. Possédant les porteurs qui le conduisent vers sa dernière demeure, le défunt les fait courir avec son cercueil en diverses directions, tentant de désigner publiquement ceux qui l’ont fait passer de vie à trépas…
[2] Ngoongo : une autre forme de maladie de la peau (?), semble-t-il. Le mot est semblable à celui qui désigne le mille-pattes (ngoongolo) dont la morsure peut provoquer des affections cutanées parfois très graves (vésicules et nécroses).
[3] Un étang de Siloé nouveau : en référence à la piscine de Siloé, dans l’Evangile de Jean, lieu de purification et de guérison de l’aveugle de naissance : "Ayant dit cela, Jésus cracha à terre et fit de la boue avec sa salive; et il mit cette boue sur les yeux de l'aveugle et lui dit: 'va te laver à la piscine de Siloé'. Celui-ci s'en alla donc et se lava, et il vint voyant clair." (Jean 9, 6-7).

Commentaire :
Interprété par le kilombo "Les Selafa" à l'occasion du 60ème anniversaire du Réveil spirituel de l'Eglise Evangélique du Congo-Brazzaville (EEC), ce chant met en lumière les difficultés survenues au sein du mouvement de réveil qu'a connu l'EEC en 1947. Son leader le pasteur Daniel Ndoundou, grand prophète et thérapeute, fut à l'origine de l'ouverture à Mfouati d'un kizinga (étang, piscine) baptisé Siloé en référence aux Saintes Ecritures (Jean 9, 6). Ceux qui avaient la foi y étaient plongés et recouvraient la guérison.
L'étang de Siloé, haut lieu du protestantisme congolais, fut fermé par les autorités de l'Eglise suite à des dérives et des pratiques syncrétiques qui affaiblirent le mouvement prophétique.
Le chant se donne à entendre comme une critique des attitudes qui ont conduit à l'arrêt des activités de Siloé-Mfouati, un lieu alors inédit de ressourcement et d'espérance pour les fidèles de l'EEC : il était la preuve concrète que Dieu avait visité le Congo.
La fermeture de Siloé a été vécu comme un véritable choc, sans toutefois mettre fin à l'effervescence prophétique et thérapeutique du Réveil congolais qui a essaimé plus tard sous la forme d'une multitude de groupes de prière et de lieux d'accompagnement spirituels portant eux aussi le nom de kizinga.
Enfin, le chant fait monter la complainte des croyants qui restent malgré tout désemparés par la fin d'une époque, celle où Daniel Ndoundou et ses collaborateurs (André Mpandzou, Marie Yengo, Massikou Sipora, etc.) ont accompli des choses merveilleuses, par la main de Dieu.

Kilombo de Loutété [1]

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Animation d'une retraite spirituelle par le kilombo.

Kilombo de Paris [1]

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Milongi mi Kongo lu kubama / Pasteurs du Congo, préparez-vous !

Chant en langue kuni
Récepteur/réceptrice : inconnue
Année de réception : inconnue

1/ Milongi mi Kongo lu kubama (3x)
-Pasteurs [1] du Congo, préparez-vous !
A yuwa mbembu yi Nzambi yidi mu tele mbila
-Ecoutez la voix de Dieu qui vous appelle

Mvutu / Refrain :
Tuendieno, oh tuendieno (3x)
-Allons-y, allons-y ! (3x)
A yuwa mbembu yi Nzambi yidi mu tele mbila
-Ecoutez la voix de Dieu qui vous appelle

2/ Minkengi mi Kongo lu kubama (3x)
-Diacres [2] du Kongo, préparez-vous ! (3x)
A yuwa mbembu yi Nzambi yidi mu tele mbila
-Ecoutez la voix de Dieu qui vous appelle

3/ Dibundu di Kongo lu kubama (3x)
-Eglise du Congo, prépare-toi ! (3x)
A yuwa mbembu yi Nzambi yidi mu tele mbila
-Ecoutez la voix de Dieu qui vous appelle

4/ Na ku bonga ku mongo na ku bundisa

-Je prendrai au Nord [3] et je rassemblerai
Na ku bonga ku banda na ku bundisa
-Je prendrai au sud(4] et je rassemblerai
Na ku bonga kuna kuna bundisa
-Je prendrai à l’est et à l’ouest [5], et je rassemblerai
A yuwa mbembu yi Nzambi yidi mu tele mbila
-Ecoutez la voix de Dieu qui vous appelle

[1] Pasteurs, littéralement : ceux qui enseignent. L’expression est employée dans l’Eglise pour désigner ceux qui ont la charge de l’enseignement biblique (les pasteurs, les évangélistes, les catéchètes).
[2] Diacres, littéralement : ceux qui montent la garde, surveillent, inspectent, prennent soin. Au sein de l’Eglise Evangélique du Congo, le mot désigne une catégorie de responsables qui secondent les pasteurs et les évangélistes dans leur travail d’accompagnement de la communauté chrétienne.
[3] Je prendrai au Nord, littéralement : Je prendrai sur la montagne.
[4] Je prendrai au sud, littéralement : Je prendrai en bas/dans la plaine.
[5] Je prendrai à l’est et à l’ouest, littéralement : Je prendrai là-bas et là-bas/de part et d’autre.

Commentaire :
Interprété par le Kilombo de Paris dans le cadre d’une retraite spirituelle de la Communauté Evangélique Congolaise en France (CECF), ce chant a été transmis à la diaspora de l’Eglise Evangélique du Congo-Brazzaville par une jeune dirigeante de chants kilombo qui concilie avec une aisance déconcertante sa spiritualité extrêmement charismatique et sa formation d’universitaire.
Le chant invite l’Eglise à écouter Dieu. L’exhortation n’est pas lancée par Dieu, puisque dans le refrain, la personne qui lance l’invitation s’inclut elle-même dans le groupe de ceux qui vont vers Dieu (Tuendieno, Allons-y). Les différentes catégories de fidèles, à commencer par les responsables (pasteurs, diacres, etc.) doivent se préparer, se disposer intérieurement à entendre ce que Dieu veut leur dire. A cause de l’injonction « lu kubama » (préparez-vous !), l’écoute de la voix de Dieu apparaît comme un événement qui mobilise toute l’attention/tout le discernement des croyants. Ce chant a sans doute pour fonction d’enclencher une dynamique particulière de recueillement, notamment dans les rassemblements tant appréciés par les chrétiens de l’Eglise Evangélique du Congo, car il suggère à ces derniers l’idée que les discours des pasteurs, prophètes et autres responsables ecclésiaux contiennent une parole de Dieu qui leur est destinée. Le risque d’une telle suggestion serait d’avoir tendance à répondre aveuglément « amen » à toute parole pastorale, d’où l’importance de faire preuve de discernement, en sachant parfois résister à une éducation de soumission qui n’incite pas à questionner ce qui est discutable…
Au quatrième couplet, surgit un autre interpellant : cette fois-ci, c’est Dieu qui parle à la première personne pour faire une promesse de rassemblement que l’on pourrait comprendre de deux manières :
1/ La promesse ne concerne que le Congo, car les trois premiers couplets interpellent les chrétiens Congolais (Milongi, Mikengui, Dibundu di Kongo, les pasteurs, les diacres, l’Eglise du Congo). Dieu annonce qu’il va rassembler les habitants des quatre coins du Congo : dans un pays où le tribalisme, les préjugés et les conflits ethniques ont considérablement entamé le tissu social, la promesse trouve toute sa résonance.
2/ La promesse concerne aussi tous les peuples, car l’évocation des quatre points cardinaux renvoie au monde et non plus au seul Congo. Dieu promet qu’il rassemblera ceux qui habitent dans les montagnes (ku mongo) et dans les plaines (ku banda), ceux qui demeurent ici et là-bas (kuna kuna), donc en tout lieu.Dans les deux hypothèses, Dieu appelle donc les Congolais à s’ouvrir aux autres, qu’ils soient d’une autre ethnie ou étrangers.
Le Créateur lui-même travaille au rapprochement des hommes, et il demande à ses fidèles de prêter l’oreille à ce qu’il annonce.

Kilombo de Paris [2]

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Kilombo de Paris [3]

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Kilombo de Loutété [2]

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Chant en langue beembé
Récepteur/réceptrice : inconnu
Année de réception : inconnue

Hemesê lu tilisina benu mê baatu
Aimez-vous les uns les autres,
Tumi lu tia na me Nzambi wu lwa hele ku mono
ainsi pourrez vous m'aimer, moi le Dieu que vous ne voyez pas.

Refrain :
Mu kiyengi, mu ntilu
Dans la paix et dans l'amour
Bio bia sweeke miominso
tout est caché.

Louez le Seigneur ! Louez-le avec le tambourin et avec des danses ! Louez-le avec les cymbales sonores ! (Psaume 150 : 1, 4-5)

mercredi 24 septembre 2008

Mbau mu Sodomo na ngundu-ngundu / Pluie de feu sur Sodome

Récepteur : Auguste KOUSSINGUISSA
Langue : beembe
Année de réception : inconnue
Interprète : inconnu

1) Mbau mu Sodomo na ngundu-ngundu [1]
Le feu s'est abattu sur Sodome comme l'éclair (comme la pluie ?)
Bu bakonini kuyuila ma leele Loti
Parce qu'ils n'ont pas écouté ce que disait Loth
Bu bakotiri mu mia nsoni, Nzambi wa baka mankesi,
et ont fait des choses honteuses, Dieu s'est mis en colère
Mbau ya sunduka, ya leeme mu Sodomo
Le feu est descendu du ciel, il a embrasé Sodome
Ba nienge mu mbau
Ils ont été consumés par le feu !

Mvutu / Refrain :
Mbau na ngundu-ngundu, na ngundu-ngundu
Le feu tonne, tonne
Mbau na ngundu-ngundu mu Sodomo
Le feu tonne dans Sodome
Mbau na ngundu-ngundu, na ngundu-ngundu
Le feu tonne, tonne
Mbau na ngundu-ngundu, baatu ba nienge !
Le feu tonne, et les gens sont consumés !

2) Nzambi wa heke ba mbasi kuri tata Loti
Dieu envoya des anges à papa Loth :
« Tata Loti na mukasi na baala baku, yisikee mu Sodomo !
« Papa Loth, quitte Sodome avec ta femme et tes enfants !
Nzambi wa baka mankesi sa ka bunga Sodomo na Ngomolo,
Dieu est en colère, il va détruire Sodome et Gomorrhe,
Bu bakonini ku yuila mia Yave,
Parce qu'ils n'ont pas écouté Yahvé,
Sa ba nienge mu mbau ! »
Ils seront consumés par le feu ! »

3) Mu kiminu tata Loti na baala boolo ba bakietu ba pala mu Sodomo
Par la foi, papa Loth et ses deux filles sortirent de Sodome.
Mukasi tata Loti bu ka konini kiminu,
Comme la femme de papa Loth manquait de foi,
Wa teleme, wa sieteke wa tata ku mambisa, wa kituka kimama.
Elle s'est arrêtée, s'est retournée, a regardé en arrière et a été changée en statue.
Biobinso mu Sodomo biafukila, biafukila, bia nienge mu mbau !
Toutes choses dans Sodome ont été détruites, détruites, consumées par le feu !

4) Beenu se, mu kiseendu kia moono ki,
Vous également, gens de cette nouvelle génération,
Seene kiminu mpisi lu vuuka, bwa vuuka Loti
Ayez la foi, afin d'être sauvés, comme le fut Loth
Kasi balaka sa bakituka mukasi Loti
Cependant, plusieurs connaîtront le sort de la femme de Loth,
Mbuti lu kuulukiri ko mu bimvwama bia ha nsi
Si vous ne vous libérez pas des richesses de ce monde
Ngundu-ngundu bu yi bwiri mu kilumbu kia mutsundu,
Quand le feu qui tonne s'abattra au jour du jugement,
Sa lwa nienge mu mbau !
Vous serez consumés par le feu !


Commentaire :
Le chant adresse une mise en garde terrifiante à tous ceux qui ne se conduisent pas conformément à la volonté de Dieu. Il met évidence les deux seules possibilités qui s'offrent à l'être humain : vivre par la foi et être sauvé, ou bien désobéir à Dieu et périr par le feu de son jugement.
La ligne interprétative du récit biblique de Genèse 19, 1-29 se situe dans ce qu'on appelle la théologie de la rétribution : Dieu sauve les justes et punit les pécheurs. Cependant, même en Afrique où cette théologie est très vastement admise, ce chant passe mal, en raison de sa manière directe et choquante d'invectiver les pécheurs. On l'écoute volontiers comme chant d'animation, parce que sa mélodie est très rythmée, mais on ne s'attarde pas sur le caractère effrayant de son contenu...
Notons que l'épouse de Loth est d'emblée présentée comme une femme sans foi ; or le texte biblique ne dit rien de tel. Il raconte simplement comment, en regardant en arrière, elle désobéit à l'ordre de l'ange chargé de détruire Sodome (« Sauve-toi pour ta vie ; ne regarde pas derrière toi... de peur que tu ne périsses. » Genèse 19, 17). Dans notre chant, la désobéissance de la femme de Loth est interprétée comme un manque de foi qu'elle paye de sa vie.
Le style narratif de la troisième strophe nous laisse imaginer la course folle de Loth et sa famille à travers la plaine du Jourdain, pour échapper à la catastrophe. Puis vient le moment où, pour la femme de Loth, cette fuite vers l'inconnu devient problématique : à Sodome, elle a construit sa vie, elle s'y est richement établie et ses deux filles s'y sont mariées avec des habitants du pays (Genèse 19, 14). Comment partir en laissant derrière elle tout ce qui leur appartient ? Pour la femme de Loth, la course pour sauver sa vie n'est plus possible. Elle s'arrête, dit le chant, elle se retourne un instant vers la vie qu'elle vient de quitter, et c'est la fin : elle est figée à tout jamais, pour avoir désobéi à la consigne salutaire de l'ange.
Mais prêtons attention à cette terrifiante pluie de feu qui tonne comme l'éclair. Pour un récepteur n’ayant pas eu accès à la Bible dans sa langue maternelle (le beembe), l'expression mbau na ngundu-ngundu, au regard du récit de la Genèse, est pleine de justesse, car elle rend bien l'idée du narrateur biblique qui raconte comment Dieu fit pleuvoir du soufre et du feu sur Sodome et Gomorrhe (Genèse 19, 24).
Par ailleurs, en langue beembe (une des langues de l'aire kongo), ngundu désigne une action de défrichage souvent réalisée au moyen du feu et destinée à rendre un terrain cultivable. On déracine les mauvaises herbes (ku soolo mangundu, enlever les mottes), on les brûle et la cendre obtenue sert à fertiliser le sol (c’est la pratique de l’écobuage de laquelle les Pyrénées tirent leur nom, d’après l’historien grec Diodore de Sicile [2]). Le terrifiant ngundu-ngundu annonçant le jugement dernier peut alors être entendu d’une toute autre manière, car il évoque une action divine ayant pour objectif de consumer le mal à la racine pour rendre à l’humain sa fertilité, sa capacité à produire de bons fruits, de bonnes actions qui plaisent au Créateur.
Toutefois, cette hypothèse de lecture n’enlève rien à la gravité de la sanction qui s’abat sur les habitants de Sodome : seul Loth et sa famille sont épargnés. Loth, porte-parole méprisé de Dieu au milieu d’une société envahie par le mal, abandonne toutes ses richesses et quitte Sodome sans se retourner, devenant ainsi un modèle de foi et d’obéissance à Dieu. Quant à son épouse, elle prend la figure de l’homme esclave de ses biens et enclin à la désobéissance, à cause de l’attrait du monde auquel il n’arrive pas à résister.
L’avertissement solennel donné par le chant s’adresse à toutes les générations, à toute personne, pour que chacun, au lieu de provoquer la colère divine par des actions honteuses, veille à faire ce qui est bon, dans l’intérêt de tous.

[1] Ngundu-ngundu : onomatopée, probablement issue du verbe ngunduka (tonner, faire un éclair, comme un coup de fusil) ou du mot ma-ngundu-ngundu (bruine, gouttes dans la forêt après la pluie).

[2]« Autrefois elles étaient en grande partie couvertes de bois épais et touffus ; mais elles furent, dit-on, incendiées par quelques pâtres qui y avaient mis le feu. L'incendie ayant duré continuellement pendant un grand nombre de jours, la superficie de la terre fut brûlée, et c'est de là que l'on a donné à ces montagnes le nom de Pyrénées. La combustion du sol fit fondre des masses de minerai d'argent et produisit de nombreux ruisseaux d'argent pur. » Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, livre V, ch. XXXV, page 36, trad. Ferdinand Hoefer (1851).

vendredi 1 février 2008

Kitantu kia ntama ntama / L’adversité de longue date


Chant en langue kikongo
Auteur/Récepteur : inconnu

Interprète : kilombo Centre de Bacongo, Brazzaville.
Photo : UNICEF/ Roger LeMoyne.

Kitantu kia ntama ntama kieti lembana mu manisa
L’adversité ancienne n’arrive pas à prendre fin
Nsi ya Kongo yeti vutuka ku manima
Le Congo est en train de régresser
Ba wa sola mu tuma Kongo beti lembana mu wawana
Ceux que tu as choisis pour diriger le Congo n’arrivent pas à s’entendre
Nsi ya Kongo yeti vutuka ku manima
Le Congo est en train de régresser

Refrain / Mvutu :
Eh eh Yave (2x)
Eh, Yahvé !
Yave Nzambi tula yenge mu Kongo (2x)
Yahvé Dieu, mets la paix au Congo

Solo : Nanguka mu ku tu sadisa
Lève-toi pour nous secourir !
Ye utukula mu diambu dia nlemvo aku
Et délivre-nous, à cause de ta miséricorde.

1) Kitantu kia ntama ntama kieti lembana mu manisa
L’adversité ancienne n’arrive pas à prendre fin
Nsi ya Kongo yeti vutuka ku manima
Le Congo est en train de régresser
Ba wa sola mu tuma Kongo beti lembana mu wawana
Ceux que tu as choisis pour diriger le Congo n’arrivent pas à s’entendre
Nsi ya Kongo yeti vutuka ku manima
Le Congo est en train de régresser

2) Zinzo zi tua tunguila mu mpasi za bamanisi mu muanguisa
Les maisons que nous avons construites avec peine ont toutes été détruites
Nsi ya Kongo yeti vutuka ku manima
Le Congo est en train de régresser

3) Zimbongo zi tua bakila mu mpasi za bamanisi mu labula
L’argent que nous avons gagné avec peine a été pris
Nsi ya Kongo yeti vutuka ku manima
Le Congo est en train de régresser.
4) Bimvuama bi tua bakila mu mpasi za bamanisi mu labula
Les richesses que nous avons durement acquises ont toutes été pillées
Nsi ya Kongo yeti vutuka ku manima
Le Congo est en train de régresser.

Commentaire :
L’évocation des souffrances générées par toute une décennie de guerre marque entièrement ce chant qui dénonce la haine et la violence entre Congolais, les rivalités qui gangrènent le pouvoir politique, le vol et le pillage qui sont entrés dans les mœurs.
Ici, ce sont les croyants qui parlent : ils se plaignent d’avoir perdu tous leurs biens (maisons, argents, richesses de toutes sortes). Ils se posent en victimes des événements douloureux qui ont frappé le pays, et ils implorent Dieu pour qu’il ramène la paix au Congo. C’est ce qui fait le caractère insolite de ce chant, quand on le compare avec d’autres chants interprétés par les groupes kilombo. En effet, la théologie véhiculée dans les chants kilombo invite de façon récurrente au détachement vis-à-vis des biens matériels. Ainsi, un chant beembe déclare :

Bu luri na busina, busina bu na ndaandu ko
La richesse que vous possédez ne vous est d’aucun gain
Bu lu kotiri mu lufwa, busina bu siiri
Lorsque vous entrez dans la mort, la richesse reste ici bas.

Or il semble qu’au sortir des guerres congolaises (1993, 1997 et 1998), une nouvelle génération de « chanteurs de Dieu » se met à exprimer la souffrance légitime des populations rescapées et dépouillées par des milices sans scrupules. La plainte monte alors vers Dieu, avec une vibrante supplication (Lève-toi pour nous secourir !).
On retiendra également l’invocation qui est au cœur de ce chant : les croyants se tournent vers Dieu qu’ils reconnaissent comme le seul capable de donner la paix à leur pays, le Congo.

samedi 15 septembre 2007

Ntangu ya nlemvo / Le temps du pardon


Chant en langue : kikongo
Récepteur/réceptrice : Enock MATONDO
Année de réception : inconnue

1- E ntangu a nlemvo yena bwabu kwa beto
Le temps du pardon nous est donné maintenant
Tulenda yo sadila
Nous pouvons en profiter
Mu tomba moyo utuavewa mu Yesu
Pour chercher le salut qui nous été donné en Jésus
Babonso tukubama.
Tous, préparons-nous.


Mvutu / Refrain :

Baminlongi, luiza babonsono !
Les enseignants*, venez tous !
Badibundu, luiza babonsono !
Les fidèles, venez tous !
O, luiza tuafinama !
Venez, approchons-nous !
Fintama beto tuna kwenda kwa Yesu
Bientôt, nous irons vers Jésus,
Nate ye mu mazulu
Jusqu'au ciel.


2- E ntangu a nlemvo yena bwabu kwa beto
Le temps du pardon nous est donné maintenant,
Tulenda sisa mambi
Nous pouvons abandonner le mal
Ye zomina koloa kia moyo tuasilwa
Et saisir la couronne de vie qui a été promise
Babonso tukubama.
Tous, préparons-nous.


3- E ntangu a nlemvo yina suka kwa beto
Le temps du pardon passera
Babonso tuyindula
Tous, réfléchissons
E Yesu bwabu weti boka kwa beto
Jésus crie à nous
babonso tukubama.
Tous, préparons-nous.


4- Balanda Yesu bana tambula moyo
Ceux qui ont suivi Jésus recevront la vie
Muna kayengele
Là où il est allé (au ciel)
Ye nlemvo ye yenge bina kala kwa bau
Et le pardon et la paix leur seront donnés
Mu mvu miamionsono.
Pour toujours.

* Minlongi (les enseignants) désigne ceux qui enseignent la Parole de Dieu dans l'Eglise : les pasteurs, les évangélistes, les catéchètes.


Commentaire :

Vibrant appel à la repentance lancé... aux fidèles rassemblés dans l'église ! On se serait attendu à un autre destinataire, les non convertis par exemple. Mais non, ce sont les convertis qui ont besoin de s'approcher du Seigneur pour être sauvés. Tout reste donc à faire au sein de la communauté chrétienne : réfléchir sur le mal qu'on fait, abandonner les mauvaises actions, se préparer à rencontrer son Dieu. La deuxième strophe (Tulenda sisa mambi /Nous pouvons abandonner le mal) laisse entendre que ce n'est pas facile, mais on peut y arriver !

Le rappel à l'ordre des croyants est direct : ce n'est pas le statut de chrétien qui sauve, mais plutôt la démarche de repentance et de changement radical que le Seigneur attend.

vendredi 27 avril 2007

Tata Nzambi yeto twa yitsaka / Dieu notre Père, nous sommes venus




Chant en langue kikwini
Récepteur/réceptrice : Alphonse NGUIMBI
Date : inconnue

1- Tata Nzambi yeto twa yitsaka
Dieu notre Père, nous sommes venus
Yitsa wu tubwana ha mukungi be wuwu
Viens nous rencontrer en ce lieu

Mvutu/Refrain : Mbau yi yona yeto tu kulombini (2x)
Le feu nouveau nous te demandons (2x)

2- Ngie wu yenikina bala ba Iselili
Tu t'es révélé aux enfants d'Isaraël
Wu tuyenikina ha mulandu be wuwu
Révèle-toi à nous sur cette montagne

3- Ngie wu twadisa bala ba Iselili
Tu as guidé les enfants d'Israël
Wu tutwadisa ha mulandu be wuwu
Sois notre guide sur cette montagne

4- Yeto bibedo Mfumu wu tubuketi
Nous sommes malades, Seigneur, guéris-nous !
Yeto bibedo Mfumu wu tubuketi
Nous sommes malades, Seigneur, guéris-nous !

5- Ngie wu sakumuna bala ba Iselili
Tu as béni les enfants d'Israël
Wu tusamukumuna ha mulandu be wuwu
Bénis-nous sur cette montagne

Commentaire :

Avec des paroles simples et directes, ce chant d'invocation se présente comme une prière fervente qui appelle la présence et la manifestation divines. Il est généralement chanté dans l'Eglise Evangélique du Congo, au cours des grands rassemblements en plein air et à l'occasion de la Pentecôte.
Les chrétiens rassemblés demandent à Dieu de venir à leur rencontre et de leur donner le feu nouveau, c'est-à-dire le Saint-Esprit : dans le Nouveau Testament, les disciples de Jésus reçoivent le Saint-Esprit sous forme de langues de feu qui se posent sur leurs têtes (Actes 2, 1-4).
L'évocation de ce que Dieu a fait en faveur d'Israël (Tu t'es révélé... tu as guidé... tu as béni les enfants d'Israël) a pour fonction de rappeler au souvenir de tous (chanteurs et auditeurs) une bonté divine dont on espère bénéficier. Les chrétiens attendent donc de Dieu qu'il prenne en charge chaque personne, comme il l'a fait pour Israël. Du même coup, l'assemblée qui chante se substitue au peuple élu, devenant ainsi le Nouvel Israël sur qui descend l'Esprit de Dieu, d'une manière tout à fait nouvelle (d'où l'allusion au feu nouveau). Dans la réalité, le contexte religieux du récepteur confirme cette ligne d'interprétation du chant : au sein de l'église évangélique du Congo, on note un foisonnement de charismes (chants et médecine révélés, don de vision, de prophétie, d'écriture, de guérison, etc.) que les fidèles considèrent comme la manifestation nouvelle et particulière de l'Esprit de Dieu au milieu de son peuple.
Ruth-Annie Coyault